Affiche du Festival de l'île de Wight

Il y a bientôt cinquante ans, le mercredi 26 août 1970, une horde de jeunes gens aux chevelures longues et aux barbes mal rasées s’apprêtent à vivre un événement mythique venant mettre un terme symbolique aux houleuses années 60 : le Festival de l’île de Wight. Parmi eux, Bernard Rouan, appareil photo à la main, prévoit d’immortaliser le jour de son anniversaire devant le concert de Jimi Hendrix. La suite appartient à l’histoire…

Découvrir les albums
Concert de Jimi Hendrix au festival de Wight
La Scène du festival de Wight

Peace, Love, and Music

« ILS SONT ARRIVÉS DANS L’ÎLE NUE SANS UN BAGAGE ET LES PIEDS NUS » chantait Michel Delpech en 1969 en référence aux « beautiful people » se rassemblant depuis l’été 1968 sur l’île verdoyante du sud de l’Angleterre au nom de la musique, de l’amour et de la paix.

Des trois éditions, le festival de 1970 est certainement le plus notable. Bien que les chiffres fluctuent, le Guinness Book estime qu’environ 600 000 personnes étaient présentes à cette dernière et ultime édition. Le line up avait de quoi attiser les foules : Jimi Hendrix, The Who, The Doors, Joni Mitchell, Miles Davis, Supertramp, Jethro Tull, Leonard Cohen, Joan Baez, Chicago, Procol Harum…

A cela, l’emblématique film documentaire Woodstock venait tout juste de sortir au cinéma, révélant l’ambiance légendaire du festival américain et finissant de convaincre les jeunes européens de vivre une expérience similaire.

Bernard Rouan se souvient. Les multiples ferries afférant de Southampton et Portsmouth acheminaient les festivaliers dans des conditions bien plus paisibles que celles de Woodstock. Accompagné de son jeune frère de 16 ans, Bernard Rouan prend l’initiative de tout immortaliser avec son Nikon F, « l’appareil photo de l’époque » précise-t-il, pour éterniser ces moments éphémères de la quintessence musicale.

Sur une scène déployant une large banderole « 3rd isle of Wight festival of music 1970 », on découvre ainsi le souffle puissant de Miles David dans sa trompette, le point levé dans un saut enjoué de John Sebastian ou d’un Jimi Hendrix donnant son dernier grand concert avant de s’éteindre une vingtaine de jours plus tard. On s’imprègne également de l’atmosphère bon enfant où les corps se prélassent sereinement à même le sol pour assister aux concerts, où les milliers de sacs de couchages tapissent les terrains environnants, où il règne, sous un soleil anglais, un sentiment de fraternité malgré l’affluence.

Cette vision peace & love s’expose à la galerie Rouan (Paris 3°) et se diffuse dans un catalogue rassemblant plus d’une centaine de photographies, aussi exceptionnelles qu’historiques, transmettant ce petit goût de nostalgie d’une époque synonyme de libération sexuelle et culturelle.

Anne-Laure Peressin
Officiel des Galeries & Musées